La première trace écrite d’un magicien clairement nommé vient d’Egypte, sur le papyrus Westcar écrit environ en 1600 av. J.-C. Des extraits racontent l’histoire d’un sorcier qui aurait pétri un crocodile en cire, avant de le jeter dans le Nil. La statuette s’anima alors et protégea le roi, puis redevint en cire. Un autre sorcier, Zaza-em-anch, aurait retrouvé le bijou d’une favorite du Roi, tombé dans l’eau, en partageant les eaux d’un fleuve.
Mais l’histoire racontée avec le plus de détails se serait passée au temps de Kheops, en 2600 av. J.-C. Comme toutes les histoires de magiciens datant d’il y a fort longtemps, celle-ci est très impressionnante. La voici, résumée :
Un vieillard appelé Djedi est réputé être capable de se faire obéir des animaux sauvages et de pouvoir couper leurs têtes puis de les remettre en place. Le fils de Khéops, le prince Djedefhor est très curieux. Il fait chercher Djedi et lui demande de couper la tête d’un prisonnier pour démontrer ses talents. Djedi refuse, en déclarant qu’il ne sait pas le faire avec une tête d’homme. On lui présente alors une oie. Djedi coupe sa tête, la met au bout d’un couloir et le corps de l’oie de l’autre côté. Il prononce alors une formule magique, le corps et la tête avancent l’un vers l’autre puis se “recollent” et l’oie recommence à cacarder. Djedi reproduit l’effet avec un pélican, le prince est comblé et le renvoie chez lui avec les honneurs.
(traduction du papyrus ici : https://rhbarnhart.net/westcar-nederhof.pdf)
Nous n’allons pas essayer ce tour durant ce cours de magie.
Cette histoire est d’ailleurs racontée comme si cela s’est réellement produit et n’est pas une illusion.
Plus tard, dans l’Ancien Testament (mis à l’écrit vers 500 av. J.-C.), on retrouve la description d’un « combat » entre Moïse et Aaron d’une part et les magiciens du Pharaon d’autre part, et qui peut ressembler à un tour de magie :
Moïse jeta devant Pharaon son bâton qui se transforma en serpent. Pharaon à son tour, convoqua les sages et les enchanteurs. Et les magiciens d’Égypte, eux-aussi, accomplirent par leurs sortilèges le même prodige. Ils jetèrent chacun son bâton qui se changea en serpent, mais le bâton d’Aaron engloutit ceux des magiciens.
Le plus vieux dessin
La représentation graphique représentant un tour de magie la plus ancienne nous vient d’Egypte et montre, peut-être, le tour “cups and balls”.
Cups and balls? Dessin sur une tombe de Beni Hasan en Egypte.
En fait, cette gravure est souvent citée, mais rien n’indique qu’il s’agit d’un tour de magie. La première description claire de ce tour vient du témoignage d’un grec ayant vu un tel tour. bien après, au IIè siècle. Je résume :
J’en suis encore béat et sans voix. Un homme a placé 3 petites tasses, puis un caillou blanc sous chaque tasse. Ensuite, je ne sais pas comment il a fait, mais les trois cailloux se sont retrouvés sous la même tasse ! Il a recommencé et cette fois les cailloux avaient disparu et sont réapparus dans sa bouche.
C’est un tour qui a été fait et refait par les magiciens depuis des siècles et nous apprendrons à le faire.
D’ailleurs, les grecs de l’Antiquité ont créé plein de tours de magie, nous en parlerons au prochain chapitre !